Techniques de panneaux : P.M.V.
Un panneau à message variable (P.M.V.) est un équipement de signalisation routière dynamique permettant d’afficher, en temps réel ou selon une programmation, des informations destinées aux usagers de la route.
Contrairement à un panneau fixe, son message peut être modifié à distance depuis un poste de supervision. Il peut notamment informer les conducteurs d’un accident, d’un bouchon, de travaux, d’une fermeture de voie, de conditions de circulation particulières ou d’un événement. Ils sont particulièrement utilisés sur les autoroutes, voies rapides, rocades et grands axes urbains, et peuvent être intégrés à un système de gestion centralisée du trafic.
Les P.M.V. non-lumineux
• Panneau à rideau
Un panneau à rideau, également appelé panneau déroulant ou panneau essuie-mains, se présente sous la forme d’un caisson avec une face avant en matière plastique transparente. Un ou plusieurs rouleaux sur lesquels sont imprimés le décor d’un panneau sont placés à l’intérieur et se déroule ou s’enroule afin d’afficher le décor voulu. Ces panneaux ont toujours un rideau sur lequel aucun panneau n’est imprimé, de façon à n’afficher aucun message. Un éclairage par tube fluorescent pouvait venir éclairer les toiles de nuit. Cette technologie est aujourd’hui totalement abandonnée.
• Panneau à prismes
Les panneaux à prismes ne sont pas lumineux. Ils sont aujourd’hui essentiellement utilisés pour gérer des affectations de voies, et autrefois pour activer des itinéraires de délestage. Ils sont composés d’un caisson en aluminium avec une face ouverte orientée face au trafic qui comporte au minimum deux prismes à trois faces, horizontaux ou verticaux, pivotant simultanément sur eux-mêmes. Ils sont commandés localement par bouton poussoir filaire, radiocommande, ou à distance depuis un P.C.
Les P.M.V. lumineux
• LED (diodes)
La première diode électro-luminescente (LED) a été mise au point en 1962. Elles sont utilisées en signalisation depuis le début des années 1990. Elles permettent de former n’importe quel symbole ou texte, clignotant ou non ; de couleur blanche, jaune, rouge, bleue ou verte.
Leur faible consommation électrique, leur longue durée de vie, leur forte luminosité et leur allumage instantané les rendent particulièrement adaptées à la sécurité routière. Elles offrent également une meilleure visibilité, notamment la nuit et dans des conditions météorologiques difficiles. Cette technologie est aujourd’hui exclusivement utilisée en signalisation, et a évincé toutes les autres.
• Fibres optiques
Cette technologie a été utilisée à partir de 1983, et jusqu'au début des années 2000. Un harnais de fibres de verre permet de recueillir la lumière fournie par une lampe halogène et de la distribuer sous la forme de points lumineux formant un pictogramme ou un texte. En raison de la montée en température des lampes halogènes utilisées avec cette technologie, un effet de fondu était présent à l’allumage et à l’extinction de ces panneaux.
La commande de ces panneaux était assurée par une carte électronique pilotant les messages à afficher, leur position (fixe, clignotant, alternat entre plusieurs messages), le niveau de luminosité (l’intensité lumineuse des lampes était diminuée de nuit), et la surveillance de l’état des lampes.
Cette technologie était très utilisée en raison de la faible maintenance qu’ils nécessitaient (seules les lampes devaient être remplacées), de leur grande variété de messages possibles, et la très bonne visibilité qu’ils possédaient. Même si leur disparition est engagée depuis le développement des LED, on en trouve encore en fonctionnement aujourd’hui.
• Cristaux liquides
Cette technologie a été utilisée en signalisation dans les années 1990. Des cristaux liquides sont enfermés dans un caisson, une tension électrique modifie leur orientation, ce qui laisse passer plus ou moins de lumière à travers des filtres polarisants. En combinant ces variations sur de nombreux pixels, l’écran forme un caractère. L’éclairage de ces caractères est assuré de nuit par des tubes fluorescents.
• Cellules liquides
Cette technologie utilisée au début des années 1990 permet d’afficher des textes et des pictogrammes, mais aussi des graphismes très élaborés comparés aux autres technologies existantes à cette époque.
Ces P.M.V. sont constitués de cubes remplis de liquide opaque renfermant des segments en plastique colorés appelées pixels, commandés à l’aide d’électro-aimants. Lorsque les pixels sont en position arrière, on ne voit que la couleur claire du liquide opaque ; lorsqu’ils sont en position avant, ils apparaissent sous leur couleur initiale.
Les panneaux utilisant cette technologie n’ont pas rencontré un franc succès pour la simple raison que les P.M.V. à caractères alphanumériques à fibres optiques ou à LED, bien plus simples et moins coûteux, remplissait parfaitement leur rôle d’information routière.
• Ombre projetée
Un panneau à ombre projetée fonctionne grâce à une source lumineuse placée derrière des éléments opaques mobiles. Ces éléments bloquent ou laissent passer la lumière afin de créer des ombres formant des lettres, chiffres ou symboles sur une surface visible. En déplaçant les éléments, le panneau peut modifier le message affiché. Cette technologie date de la fin des années 1970 et est aujourd’hui totalement abandonnée.
• Pastilles magnétiques
Cette technologie datant des années 1980 utilise de petites pastilles mobiles contenant un aimant. Des électroaimants commandés électriquement font pivoter ou basculer chaque pastille pour afficher une face ou l’autre. L’ensemble des pastilles forme ainsi des lettres visibles à distance. L’éclairage de ces panneaux est assuré par un tube fluorescent éclairant en contre-plongée les caractères.
• Tubes fluorescents
Les tubes fluorescents sont utilisés en signalisation depuis le milieu des années 1980. Tout d’abord utilisés pour le rétro-éclairage des panneaux, ils ont par la suite été employés dans les panneaux à message variable, en utilisant la technique des tubes thermo-formés, semblables à celle employée dans la fabrication des enseignes lumineuses.
Un tube en verre est chauffé et coudé afin de lui donner l’aspect d’une lettre, d’une mention toute entière, ou d’un pictogramme. La couleur émise par les tubes dépend du type de gaz employé, et de la couleur du verre. Leur alimentation nécessite une alimentation haute-tension. La superposition de plusieurs tubes différents permet d’afficher plusieurs messages.
Cette technologie nécessite peu de maintenance en raison de la longévité des tubes, mais est très fragile en raison du matériau employé. Elle est aujourd’hui totalement abandonnée, au profit des LED.
• Ampoules incandescentes
Cette technologie a été employée dans les tout premiers panneaux à message variable lumineux. Il s'agit de simples ampoules à filament placées les unes à côté des autres, et affichant des caractères une fois allumées ensemble. Le principal point négatif était la maintenance, car ces ampoules devaient être régulièrement remplacées.